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La libération des femmes

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Les femmes constituent la majorité de l’humanité mais partout elles sont condamnées à porter la plus grande partie du fardeau des tâches ménagères et de celles liées à l’éducation des enfants. C’est l’origine de toutes les autres formes d’inégalité sexuelles : économiques, légales et culturelles. Le travail des femmes est systématiquement moins rémunéré que celui des hommes. Elles souffrent de discrimination dans l’accès à l’emploi et d’oppression au travail.

Dans plusieurs parties du monde, les femmes sont encore confinées à la maison, assujetties au contrôle masculin. On leur refuse les droits démocratiques et économiques élémentaires et elles sont l’objet de l’oppression et de la violence des hommes si elles enfreignent les règles religieuses établies. Dans les usines du Tiers Monde, les travailleuses sont régulièrement agressées, on leur refuse des congés de maternité et elles sont l’objet de traitements dégradants.

Même dans les pays où l’égalité des droits a été obtenue, au moins formellement, les femmes portent encore le double fardeau du travail salarié et du travail domestique. Cette vie de double effort exclut la plupart des femmes de l’égalité réelle dans l’accès à la vie politique et sociale.

La majorité des femmes sera libérée et libre de la discrimination seulement lorsque les bases économiques de la domination de classe et de la suprématie des hommes seront détruites. Bien que cette oppression soit née dans la société de classe antique, elle a été renforcée par le capitalisme mondial. Seule une société socialiste, tournée vers les besoins humains plutôt que le profit privé, sera capable de faire en sorte que toute la société s’occupe des tâches domestiques qui aujourd’hui sont réalisées par les femmes. Ce n’est qu’alors que les femmes seront en mesure de réaliser tout leur potentiel.

Une société socialiste promouvrait la collectivisation des tâches liées aux enfants et ménagères ainsi qu’une répartition équitable des celles-ci entre hommes et femmes. Les femmes ne seraient plus obligées de réaliser ces tâches séparément, dans des unités familiales isolées. Les conditions et les infrastructures pour ces services, avec des financements suffisants et une gestion démocratique, seraient mille fois meilleures que ceux fournis aujourd’hui par les familles. De cette façon, une possibilité réelle de choisir, un niveau de vie élevé et une véritable égalité entre les sexes pourraient remplacer la pauvreté, l’isolement et l’oppression qui sont aujourd’hui le lot des femmes de la classe ouvrière.

Partout, nous luttons pour les mêmes droits légaux qui ont été obtenus par les mouvements des femmes des pays impérialistes au début et au milieu du vingtième siècle. L’égalité des droits pour les femmes, le droit de vote, au travail, à la formation, à la participation aux activités publiques et sociales sans restriction.

A travail égal salaire égal. Cette revendication est toujours hors de portée pour des millions de femmes parce que la division du travail a été établie afin de l’éviter. Il faut réaliser cette revendication. Les travailleurs à temps partiel doivent avoir des contrats permanents avec la pleine protection légale contre le licenciement et l’accès aux indemnités maladie et aux congés payés. Des crèches, haltes-garderies etc. doivent être ouvertes 24 heures sur 24 et financées en taxant les riches. Toutes les femmes doivent pouvoir accéder à la contraception et à l’avortement, sur demande, sans limite d’âge. Avec la déréglementation des horaires de travail, l’ouverture des crèches 24h/24 est devenue un besoin vraiment urgent afin que les femmes puissent bénéficier d’une vie sociale et participer pleinement à l’activité politique.

Aujourd’hui nous assistons à un retour de l’ordre moral et aux attaques contre les droits des femmes : les cliniques où sont pratiqués les avortements sont attaquées ; les services publics sont l’objet de coupures alors que les « valeurs de la famille » sont mises en avant pour remettre sur le dos des femmes le fardeau des tâches domestiques. Il faut défendre la contraception et l’avortement contre les attaques menées par les forces réactionnaires et l’accès doit être gratuit, sur demande et sans restriction d’âge.

Il faut dénoncer le harcèlement sexuel au travail ainsi que la violence domestique, s’attaquer à ces fléaux et les mettre hors la loi. Il faut mettre à disposition des femmes des centres d’hébergement pour leur permettre d’échapper à la violence conjugale. Les femmes doivent avoir le droit à un divorce immédiat sur demande et toutes les femmes, mariées ou pas, doivent avoir droit à une part des revenus familiaux en cas de séparation ou de divorce.

Les femmes ont été poussées de plus en plus vers le monde du travail par la mondialisation. Il s’agit d’un processus positif dans la mesure où cela donne aux femmes plus d’indépendance économique, réduit leur isolement à la maison et crée de nouvelles militantes pour la liberté. Toutefois, comme d’habitude, le capitalisme ne le fait pas pour le bien des travailleuses, mais parce qu’on pense que les femmes travailleront pour un salaire inférieur et continueront de s’occuper gratuitement de la maison et des enfants. Le capitalisme est aussi tout à fait prêt, comme dans l’Europe du dix-neuvième siècle, à utiliser le travail des enfants pour réaliser des surprofits.

L’augmentation de l’emploi féminin surtout à temps partiel et de l’emploi précaire s’accompagne d’une attaque néolibérale contre les services publics. Cela oblige les femmes à chercher un emploi adapté à leurs engagements domestiques, alors que la disponibilité d’emploi en CDI et à temps plein a diminué. La mondialisation a changé la forme mais gardé l’essence de l’oppression des femmes, qui réside dans leur responsabilité pour les tâches domestiques et celles liées aux enfants.

La lutte pour la libération des femmes est largement identifiée avec le féminisme, parce que les organisations ouvrières n’ont pas su défendre ces revendications. Mais est-ce que le féminisme conduit à la libération des femmes ? Comme le féminisme situe l’oppression des femmes uniquement dans le rapport hommes-femmes et la sépare de la société de classe, il propose une stratégie pour que les femmes de toutes les classes se regroupent pour lutter contre leur oppression. C’est une impasse, parce que les femmes de la classe dominante n’ont aucun intérêt à lutter contre les bas salaires, contre la dégradation des logements et contre le manque d’accès à la santé qui sont cause de souffrance pour des millions de femmes chaque jour.

Dans chaque pays, nous devons faire campagne pour un mouvement de masse des femmes prolétaires pour lutter à côté des hommes contre la discrimination de genre, l’oppression des femmes et la surexploitation qui en résulte. Dans le mouvement ouvrier, nous faisons une priorité pour que les femmes s’engagent dans des postes de délégués et de direction à tous les niveaux et nous défendons le droit des femmes à des réunions non-mixtes.