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La libération nationale

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A partir de 1989, de plus en plus de nations opprimées, de groupes ethniques et de peuples indigènes ont cherché à se libérer de l’oppression et de la domination. Les unions forcées de peuples comme l’ex-URSS ou l’Indonésie ont volé en éclats ou sont en train de le faire. La contrainte ou l’oppression nationale de toute sorte est un obstacle à la solidarité internationale.

La classe ouvrière, la jeunesse et les masse populaires des nations qui oppriment doivent lutter en solidarité avec les opprimés. Ils doivent s’opposer à toute violation des droits nationaux : pour le droit d’apprendre et d’utiliser sa propre langue, pour l’égalité des droits à l’école et au travail, l’égalité de droits de citoyenneté. Ils doivent lutter pour le droit d’autodétermination de tous les peuples, y compris le droit de former des Etats séparés s’ils le désirent.

En même temps, puisque les petits Etats sont encore plus à la merci des multinationales, des impérialistes et de leurs alliés, nous devons lutter pour des fédérations régionales et continentales d’Etats, sous la direction de la classe ouvrière et des paysans pauvres. L’unité nationale et l’indépendance n’étaient pas seulement des idéaux politiques de la bourgeoisie. Ils avaient une fonction économique : la création d’un marché national unifié, protégé contre la compétition étrangère, au sein duquel le capital national pouvait se développer. Cette expansion a eu tellement de succès pour les Etats capitalistes initiaux que le capital a inondé le monde non-capitaliste, le subordonnant à ses vieux centres.

Dans la première période de l’impérialisme, cela signifiait la division du monde entre les puissances coloniales. Après la Deuxième Guerre Mondiale, quand le « siècle américain » a vraiment commencé, les empires coloniaux ont volé en éclats pour être remplacés par des Etats formellement indépendants. Toutefois les ex-colonies ne sont pas en réalité plus proches de l’indépendance économique que ce qu’elles l’étaient à l’aube de l’époque impérialiste. Elles restent des nations opprimées.

Les chaînes de la dépendance économiques ont été crées par les rapports sociaux capitalistes et peuvent être détruites seulement par l’expropriation du capitalisme même. Pour cette raison, seule la classe ouvrière a l’intérêt et la capacité d’abolir complètement l’oppression nationale dans les semi-colonies, en commençant par le retrait des forces impérialistes. Nous devons lutter pour l’expulsion de toutes les troupes, les bases et les conseillers de l’OTAN, des Etats-Unis et des forces de l’ONU, l’abolition de toutes les armées permanentes entraînées par l’impérialisme et loyales à celui-ci, et les remplacer par une milice armée d’ouvriers et de paysans.

Les frontières arbitraires tracées par l’impérialisme lorsqu’il a divisé et redivisé le monde dans les années 1880, en 1919 et (main dans la main avec le stalinisme) en 1945, ont séparé beaucoup de nationalités et de peuples, en créant des minorités nationales au sein des Etats coloniaux et semi-coloniaux.

Loin de résoudre tous les problèmes nationaux provoqués par la division du monde par l’impérialisme, l’incapacité de la bourgeoisie semi-coloniale d’unifier ou de développer la nation a pour effet d’approfondir les différences économiques régionales, de refaire émerger les vieux antagonismes nationaux et de créer de nouveaux antagonismes.

Chaque fois que se développe un mouvement contre l’oppression nationale, le prolétariat doit soutenir le droit de ce peuple à l’auto-détermination y compris le droit à la création d’un Etat séparé et indépendant. Une fois que la masse des ouvriers et des paysans s’est emparée de cette revendication, par exemple à travers un référendum, par une lutte armée de masse ou la guerre civile, les révolutionnaires doivent jouer un rôle dirigeant dans cette lutte. Le but est la prise du pouvoir par la classe ouvrière : la stratégie de la révolution permanente.

Le prolétariat est une classe internationale, une classe sans aucune patrie. Notre programme général n’est pas la création de toujours plus d’Etats nationaux ou la fragmentation des grands Etats « multinationaux » dans leurs parties constituantes. La sécession n’est pas le seul moyen de libérer ces pays de l’impérialisme ou de l’oppression nationale. Une lutte combinée des travailleurs de la nation qui opprime avec ceux de la nation opprimée peut mener à une réunion volontaire ou à une fédération.

Alors que la classe ouvrière doit défendre les légitimes droits nationaux des peuples opprimés, elle doit aussi lutter contre les idéologies nationalistes, même celles des nations opprimées, qui créent les divisions et empoisonnent la solidarité internationale.

Contre la politique impérialiste qui vise à contrôler les Etats faibles et instables en les divisant et en opposant les uns aux autres (balkanisation), nous appelons à une fédération volontaires d’Etats socialistes, étape vers une fédération socialiste mondiale.