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Les conseils ouvriers et la lutte pour le pouvoir ouvrier

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Le point focal du programme de revendications transitoires est la formation d’organismes qui unissent tous les groupes en lutte et les coordonnent en une lutte efficace au niveau de toute la classe. Dans des pays différents et dans des langues différentes des organisations de ce type ont été crées : conseils d’action, juntas, coordinadoras, cordones industriales et soviets.

Ces conseils composés de travailleurs et de chômeurs, de paysans et pauvres des villes, rassemblent des délégués élus dans toutes les entreprises, dans chaque quartier. Les délégués doivent pouvoir être révoqués par les électeurs chaque fois qu’une majorité le souhaite. Les délégués ne doivent pas seulement décider de ce qu’il faut faire mais participer eux-mêmes à l’application des décisions. De cette façon, un lourd appareil de permanents ne sera pas nécessaire.

La première tâche des conseils ouvriers est de coordonner la résistance au capitalisme dans chaque ville ou chaque la région et de les unifier à l’échelle nationale. Leur caractère démocratique permet aux masses d’exercer plus facilement un contrôle sur leur direction et de la remplacer si elle essaye de trahir la lutte. Les travailleurs doivent être totalement libres de décider quels partis ils soutiennent.

La démocratie ouvrière est le meilleur et le seul antidote à la bureaucratie et à ce qui se cache derrière, la reddition à la bourgeoisie. Toutes les forces politiques en lice dans le mouvement ouvrier doivent être jugées par les masses selon le critère suivant : est-ce que leur programme sert les besoins de la lutte et son objectif ?

Des embryons de conseils ouvriers peuvent émerger dans toute période de lutte de classe aiguë à partir d’organes de lutte existants : des syndicats militants et démocratiques, des comités d’usine, des conseils d’action formés pour soutenir une lutte particulière, des organisations de chômeurs. Mais ces organes à eux seuls, même s’ils sont très radicaux, ne peuvent pas en soi remplir le rôle des conseils ouvriers.

Les conseils ouvriers doivent aller au delà de l’usine, de la branche ou du secteur de travailleurs, ils doivent faire tomber les barrières et arriver à l’unité de classe. En diffusant à d’autres couches et classes populaires la forme du conseil de délégués révocables, ils peuvent rassembler la majorité de la population même dans des pays industriellement sous-développés. Dans une révolution, ils peuvent et doivent convaincre les soldats de base de former de tels conseils.

Les conseils de délégués surgissent seulement quand une société entre dans une crise révolutionnaire, quand les masses débordent les frontières de leurs organisations traditionnelles et se tournent vers des formes de lutte et d’organisation révolutionnaires.

Une crise révolutionnaire se produit quand la société arrive à une impasse. L’ordre économique et politique normal se brise sous l’impact de la crise économique ou de la guerre. La classe dominante est divisée et déchirée par des crises gouvernementales aiguës. A l’autre bout de l’échelle, les masses populaires refusent de tolérer la misère économique et la corruption de l’ancien régime. Dans les rues, face aux forces de l’ordre, elles manifestent encore et encore leur volonté de sacrifier leurs vies pour renverser l’ancien régime.

Les conseils ouvriers sont un défi direct au droit des capitalistes de gérer et de contrôler la société. Ils représentent le potentiel d’un Etat alternatif, un Etat par lequel la classe ouvrière peut gouverner la société. Tant qu’ils coexistent avec un gouvernement capitaliste, ils présentent un pouvoir rival. Cette situation de dualité de pouvoir peut persister seulement si les capitalistes ont perdu le contrôle de leurs propres forces ou ont peur de les utiliser et si la direction de la classe ouvrière n’a pas la volonté de prendre le pouvoir. Si cette indécision n’est pas résolue, tôt ou tard les capitalistes intégreront, bureaucratiseront ou briseront les conseils. La seule perspective est que les conseils renversent le gouvernement et créent un Etat ouvrier.