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Une révolution contre l’Etat

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Des ruines de l’Etat capitaliste bureaucratique, surgira un Etat ouvrier fondé sur les conseils ouvriers. Toutefois, il s’agira d’un Etat. La classe ouvrière et ses alliés ne peuvent dissoudre d’un coup tout pouvoir centralisé, ou abandonner le gouvernement.

La guerre civile contre la classe capitaliste et ses soutiens privilégiés ne cesse pas quand les travailleurs ont renversé le gouvernement. Les forces du vieil ordre prépareront une revanche féroce et la restauration de leur pouvoir. Un « pouvoir » ouvrier localisé et atomisé, avec au mieux des liens de type fédéral et sans pouvoir sur les autorités locales ou régionales serait complètement vulnérable à une contrerévolution. Briser la réaction de façon aussi rapide et définitive que possible évitera le vaste bain de sang qui est toujours le résultat de la contre-révolution.

Pour la minorité d’exploiteurs capitalistes, cela serait une dictature vouée à abolir leur « liberté » la plus chérie : la liberté de posséder les ressources de l’humanité comme leur propriété privée, la liberté de ruiner des vies pour les profits, la liberté de mener des guerres. Mais pour la majorité de la classe ouvrière, cet Etat serait plus démocratique que tout ce qu’ils ont vu auparavant.

Il dissoudra les parlements capitalistes et la magistrature et les remplacera par des conseils démocratiques et des jurys de travailleurs. Bref, ce sera la dictature de la classe ouvrière, pas celle d’un seul parti et encore moins celle d’une caste de bureaucrates.

Le vingtième siècle montre qu’un Etat ouvrier, s’il demeure isolé dans un seul pays et l’objet d’une énorme pression de la part du capitalisme mondial, peut être victime de la bureaucratisation et tomber sous le contrôle d’une élite contre-révolutionnaire. Pour éviter cela, des mesures strictes contre la bureaucratie doivent être prises dès le début. Tous les postes officiels doivent être pourvus par une élection puis par un système de rotation pour éviter la cristallisation d’une caste permanente. Les délégués doivent percevoir le salaire moyen d’un travailleur spécialisé et doivent tous être révocables. Tous les partis de la classe ouvrière doivent pouvoir participer librement aux conseils et seuls les partis qui luttent les armes à la main contre la révolution doivent être dissous.

Un Etat révolutionnaire doit se fonder sur l’auto-administration quotidienne et le processus de décision de la majorité du peuple ; ce sera un Etat qui se dissout dans la société. Au fur et à mesure que la classe ouvrière socialise la production et la distribution et établit l’égalité sociale, les classes elles-mêmes disparaîtront et avec elles tous les restes de la coercition étatique. A la fin, il n’y aura plus ni gouvernants ni gouvernés mais une association libre d’êtres humains organisés sur la base du principe : de chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins.